1. Première partie

  2. Deuxième partie

  3. Troisième partie

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Première partie

Les Italiens à Paris

Philippe d’Orléans, la Minerve
par Jean-Baptiste Santerre (1651-1717) (C) RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Gérard Blot

Philippe d’Orléans, la Minerve

Le Régent représenté avec Minerve, déesse de la Sagesse, vers 1717, par Jean-Baptiste Santerre

La musique italienne est sans conteste le répertoire favori de Philippe d’Orléans, qui parle qui plus est très bien l’italien. Il court à tous les concerts où il peut en entendre !

Archangelo Corelli  (1653-1713)
par Jacob Folkema (1692-1767) (C) Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais / image château de Versailles

Archangelo Corelli (1653-1713)

Brillant violoniste, il compose des sonates virtuoses qui sont le modèle absolu pour les compositeurs de l’époque.

« Déjà par ce chemin l’orgueilleuse Italie a versé sur nos sens son aimable folie. Corelli par ses sons enleva tous les cœurs, de deux muses Michel allia les douceurs. »

Le roi du violoncelle

Si Corelli est la référence incontournable pour les violonistes, un autre musicien transalpin inspire la jeune génération d’italiens au service de Philippe d’Orléans, c’est Giovanni Bononcini, violoncelliste originaire de Modène. Il est alors musicien favori de l’empereur Joseph Ier, pour le compte duquel il s’est installé à la cour de Berlin. Ses cantates – près de 300 ! – sont diffusées dans toute l’Europe, de Rome à Londres, en passant, bien sûr, par Paris.

Giovanni Bononcini
par Anton Schoonjans (C) BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais / Daniel Lindner

Giovanni Bononcini

1670-1747

L'heure de la sonate

Dans le sillage du grand Corelli, les musiciens italiens de Philippe d’Orléans poussent la technique du violon au plus haut point. Les sonates virtuoses de Michele Mascitti circulent ainsi dans les salons parisiens !

À son altesse royale le duc d'Orléans
© BnF

À son altesse royale le duc d'Orléans

Gravure du premier livre de Sonates de Michele Mascitti

Michele Mascitti (1664-1760)
(C) Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais / image château de Versailles

Michele Mascitti (1664-1760)

Portrait de 1726

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Deuxième partie

France-Italie, le match

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La Française ! L'Italienne !

La cohabitation des musiques françaises et italiennes ne va pas, au début du siècle des Lumières, sans tumultes ni querelles. Si le Régent est favorable à une réunion des goûts, tous ne l’entendent pas de cette oreille. A la fin du règne du Roi-Soleil, la bataille fait rage entre partisans de la musique française et défenseurs de l’art italien ! Les armes : des critiques, pamphlets et autres épais traités qui dissèquent, comparent, assassinent ou défendent l’une et l’autre musique. En 1702, l’historien et homme de lettres François Raguenet publie ainsi son piquant Parallèle des italiens et des français en ce qui concerne les opéras

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© Pascal Le Mée

Sylvain Sartre

Nicolas Bernier

Nicolas Bernier

1665-1734

Cantates de Stuck

Cantates de Stuck

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Nature morte au violon, devant de cheminée anciennement par Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / René-Gabriel Ojeda

Cantates en folie

Elle est partout ! Sous la Régence, la cantate est de tous les concerts. Venue d’Italie, c’est un genre d’opéra miniature, sans mise en scène, dont le sujet peut-être religieux ou profane, par exemple inspiré de la mythologie. Sa forme est, dès lors, parfaitement adapté aux concerts qui fleurissent dans les salons des hôtels particuliers de la noblesse et de la bourgeoisie naissante. Au tournant du siècle, Nicolas Bernier et Jean-Baptiste Morin sont à l’initiative d’un genre nouveau, la “cantate française”, cousine hexagonale de la cantate italienne. Les cantates de Bernier sont écrites pour une ou deux, parfois trois, voix solistes avec basse continue auxquelles peuvent s'ajouter un ou deux violons ou d'autres instruments tels que la flûte traversière, le hautbois ou la basse de viole.

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Troisième partie

Des Italiens sur les planches

Les Comédiens Italiens
© National Gallery of Art

Les Comédiens Italiens

par Antoine Watteau, vers 1720

Le retour des Comédiens italiens

À peine est-il nommé Régent que Philippe d’Orléans prend une mesure symbolique forte pour la vie artistique parisienne : il fait rappeler les Comédiens-Italiens, chassés du royaume par le vieux Louis XIV en 1697. Le Régent les appréciait tout particulièrement dans sa jeunesse ! Ils se produisent un temps sur la scène de l’Académie royale de musique, au Palais-Royal, et se voient attribuer leur propre salle, celle de l’Hôtel de Bourgogne.

Le Départ des Comédiens italiens

Le Départ des Comédiens italiens

chassés par Louis XIV en 1697, d’après Antoine Watteau

Sur scène, loin de l’ambiance feutrée des salons, les Italiens attirent un public enthousiaste !

André Campra
par Nicolas-Etienne Edelinck (1681-1767) (C) Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais / image château de Versailles

André Campra

1660-1744

À l'Opéra, le maître de cette musique de style italien, c’est André Campra, natif d’Aix-en-Provence. En 1710, son Carnaval de Venise transporte le public parisien ébahi dans le tumulte et les couleurs de place Saint-Marc. Venise, son carnaval et ses masques sont alors furieusement à la mode !

Le Carnaval de Venise
© BnF

Le Carnaval de Venise

Représenté pour la première fois à l'Académie royale de musique le 28 février 1699

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© The New York Public Library. The New York Public Library Digital Collections

En 1710, ses "Fêtes vénitiennes" propulsent les spectateurs ébahis dans le tumulte du carnaval, sur la place Saint-Marc…

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